Le temps

Publié le par Pierre d'Ecriture

 

 

Dans mon dernier billet, il était aussi question du temps, du temps qui fuit, du temps qui coule, du temps qui passe, et c’est ce maudit temps qui plonge l’homme dans la souffrance.

 

Puisque nous sommes entrés dans "Le printemps des poètes", je vais citer Baudelaire de mémoire car je n’arrive plus à remettre la main sur un bouquin  où retrouver ce texte. Ce n’est pas grave, je le connais par cœur :

 

« Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps

Qui brise vos épaules et vous penche vers la terre,

Il faut vous enivrer sans trêve…

Mais de quoi ?

De vin, de poésie, d’amour, d’amour ou de vertu,

A votre guise,

Mais enivrez-vous !

 

Et si, quelquefois, sur les marches d’un palais,

Dans l’herbe verte d’un fossé,

Dans la solitude morne de votre chambre,

Vous vous réveillez l’ivresse déjà diminuée ou disparue,

Demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge,

A tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui bouge,

Demandez quelle heure il est…

Et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge vous répondront ;

Il est l’heure de s’enivrer.

 

Pour n’être pas les esclaves martyrisés du temps

Enivrez-vous, enivrez-vous sans trêve,

De vin, de poésie, d’amour, d’amour, ou de vertu,

A votre guise. »

 

Charles Baudelaire s’était contenté de mentionner le vin, la poésie ou la vertu pour échapper à la conscience impitoyable du temps.

Je me suis permis une entorse, une seule : j’ai ajouté « d’amour » et je l’ai répété.

Quoique, en y réfléchissant bien, je ne suis pas si sûr d’avoir bien fait…

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Publié dans Mot à mot

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L
Le temps manque à leur temps. <br /> Ce qu'ils font de plus en plus,<br /> il le font de moins en moins. <br /> La vie manque à leur vie. <br /> <br /> extrait "d'une petite robe de fête"<br /> de C. Bobin<br /> <br /> pour le mot amour tu as eu raison, l'amour universel celui qui nous rapproche les uns des autres et qui nous rend ou du moins nous donne l'illusion d'être meilleur...<br /> merci pour ton commentaire chez moi<br /> <br />
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J
Oui, c'est vrai, à condition qu'on envisage l'amour au sens large, au sens bouddhiste, ou chrétien, ou universel... Mais, si j'ai émis ce bémol, c'était parce que je pensais que le mot amour pouvait évoquer, et c'est bien l'acception la plus fréquente, la passion amoureuse. Et là, dans ce cas, je serais nettement plus pessimiste. Il me semble qu'elle enchaîne plus qu'elle ne libère, à plus ou moins long terme...<br /> Merci de ta visite : tu as été la première à laisser un commentaire sur mon nouveau site et j'en suis très heureux.<br /> A bientôt.<br /> Jean-Pierre
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T
Si, tu as bien fait. Car c'est l'amour finalement notre moteur. Celui qu'on donne, celui qu'on reçoit, celui qu'on porte aux choses. La vie est amour.
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