Le temps
Dans mon dernier billet, il était aussi question du temps, du temps qui fuit, du temps qui coule, du temps qui passe, et cest ce maudit temps qui plonge lhomme dans la souffrance.
Puisque nous sommes entrés dans "Le printemps des poètes", je vais citer Baudelaire de mémoire car je narrive plus à remettre la main sur un bouquin où retrouver ce texte. Ce nest pas grave, je le connais par cur :
« Pour ne pas sentir lhorrible fardeau du temps
Qui brise vos épaules et vous penche vers la terre,
Il faut vous enivrer sans trêve
Mais de quoi ?
De vin, de poésie, damour, damour ou de vertu,
A votre guise,
Mais enivrez-vous !
Et si, quelquefois, sur les marches dun palais,
Dans lherbe verte dun fossé,
Dans la solitude morne de votre chambre,
Vous vous réveillez livresse déjà diminuée ou disparue,
Demandez au vent, à la vague, à létoile, à loiseau, à lhorloge,
A tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui bouge,
Demandez quelle heure il est
Et le vent, la vague, létoile, loiseau, lhorloge vous répondront ;
Il est lheure de senivrer.
Pour nêtre pas les esclaves martyrisés du temps
Enivrez-vous, enivrez-vous sans trêve,
De vin, de poésie, damour, damour, ou de vertu,
A votre guise. »
Charles Baudelaire sétait contenté de mentionner le vin, la poésie ou la vertu pour échapper à la conscience impitoyable du temps.
Je me suis permis une entorse, une seule : jai ajouté « damour » et je lai répété.
Quoique, en y réfléchissant bien, je ne suis pas si sûr davoir bien fait